20121021_c10
20121021_c10
20121021_c098

Dossiers photographiques

20121021_c50
Sur une crête de chaos granitiques couverte par la forêt tropicale, à 1200m d'altitude, un rocher un peu plus étonnant que les autres est à l'origine du plus important pélerinage de Birmanie.

Comme la pagode Schwedagon, le Kyaikiyo (se prononce Tchaiïtchio et s'écrit souvent Kyaiktiyo) tient un peu de la foire commerciale et du parc d'attraction, mais constitue surtout un lieu spirituel et magique que tout bouddhiste birman doit visiter au moins une fois dans sa vie.

L'activité des pélerins est maximum au lever et au coucher du soleil; ce sont aussi les moments où la lumière est la plus belle; de plus, au lever du soleil vous croiserez les moines avec leurs paniers à balancier dans leur (lente) quête du matin. La conclusion s'impose: il faut absolument assister au coucher du soleil, passer une nuit sur place et vous lever avant l'aube! vous ne le regretterer pas: dans ces conditions, le rocher d'or est le site exceptionnel d'un pays où les superlatifs sont de mise en permanence. Au fil des heures et des points de vue, le rocher d'or change d'aspect; les variations sont infinies.

Un petit détail qui contrarie un peu l'enthousiasme: comme à la paya Mahamuni de Mandalay, les femmes sont tenues à quelques mètres du coeur de l'action (c'est à dire du rocher et ne peuvent donc y coller des feuilles d'or); l'égalité hommes-femmes n'est pas pour demain en Birmanie.

Orientation

Un kilomètre avant le sommet un raccourci entrecoupé de marches et bordé d'échoppes part à gauche de la piste. Une grande esplanade occupe le sommet; on y pénètre par le sud. Le rocher lui-même se trouve au nord-ouest; à l'extémité nord, deux ruelles descendent de part et d'autre d'un grand hall vers le "village birman" (gargotes, guesthouses et boutiques de souvenirs); il est possible de parcourir la crète sur plus d'un kilomètre en passant par plusieurs pagodes ou de descendre jusqu'à une cascade (en passant bien sûr par d'autres pagodes).

En pratique

La saison des pélerinages commence mi-octobre, à la fin de la mousson et se termine en mars ou avril; hors saison l'endroit perd probablement beaucoup de son intérêt.

20121021_c14
L'accès est complexe, mais cela fait partie du voyage: que serait le Kyaikiyo s'il était facile d'accès? Vous vous consolerez en apprenant que dans les années 80 il fallait 6 heures de montée à travers la forêt tropicale (à pied ou à dos d'éléphant) pour atteindre le sommet (Le Ramier, 1986). En 2012, la situation était la suivante: le bus ou le train vous laissent à la petite bourgade nommée Kyaikiyo (à ne pas confondre avec le monastère lui-même); de là un pick-up ou une moto-taxi (1 500 K) permettent de parcourir les 9 km qui mènent à Kinpun d'où part la piste très raide, mais asphaltée, menant au sommet de la montagne. De Rangoon ou Mandalay, il existe des bus directs pour Kinpun.

La piste n'est parcourue que par de solides camions débâchés (1 500 K, 45 min): on s'assoit inconfortablement sur des lattes de bois à l'arrière et le camion part quand il est plein. D'autres véhicules pourraient prendre la piste mais le syndicat des chauffeurs de camion défend âprement cette organisation. Un autre syndicat semble à l'oeuvre, celui des porteurs: bien que la piste monte jusqu'au sommet, les étrangers sont tenus de descendre à Yatetaung où s'arrêtent la plupart des camions; il faut ensuite terminer à pied (45 min, à moins que vous ne préfériez la chaise à porteur). On vous proposera avec insistance de porter vos bagages (5 000 K). Au total, comptez 2 h pour le parcours depuis Kinpun. L'avantage est que le sommet est dépourvu de tout véhicule et que cette organisation crée tout un folklore qui augmente l'intérêt du lieu.

Pour les plus courageux, il est possible de monter à pied de Kinpun (11km) par un chemin piétonnier situé à l'est de la piste (itinéraire qui peut aussi bien sûr se pratiquer à la descente).

Au sommet même, seuls 2 hôtels fort chers sont accessibles aux étrangers (les très nombreuses pensions pour birmans n'ont pas le droit de vous accueillir), mais vous pouvez essayer le monastère ou bivouaquer sur la plate-forme, comme font d'autres birmans. Si vous en avez les moyens, l'hôtel Mountain Top est plus confortable que le Kyaikto Hotel (un ancien hotel d'état); un bon restaurant birman (fréquenté par les porteurs) se trouve juste en face du Mountain Top (le repas y sera 5 fois moins cher qu'à l'hôtel). Le Golden Rock Hotel est mal situé, à peine quelques virages au dessus de Yatetaung et 40 min sous le sommet. Une réservation avec paiement à l'avance est indispensable si vous voulez profiter du confort de ces hôtels (cf carnet de route). Les guesthouses de Kinpun, bon marché, peuvent avoir un intérêt pour y laisser vos bagages (si vous en avez trop) ou pour démarrer à l'aube (ou dans la nuit) une ascension à pied.

Références

Le Ramier Gabriel. 1986. Birmanie. Arthaud: p186.
Un guide d'auteur comme on les concevait à l'époque et remarquablement bien fait; une mine d'informations sur le tourisme sous la Birmanie socialiste, mais qui conserve encore beaucoup d'intérêt.
Les coordonnées du rocher d'or: 17°28'53"N 97°05'54"E (à coller dans Google Earth).
La carte de Kyaiktiyo (DPS online Myanmar); indispensable si vous voulez faire le parcours entièrement à pied.
Michael Stewart. Kyaiktiyo Gallery . Des photographies de 1982.