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Dossiers photographiques

La plupart des touristes, indiens ou étrangers, séjournent à Puri et visitent Konark dans la journée. En conséquence le reste de l'état est plutôt tranquille; sachez en profiter.

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Bassin de Bindu Sagar, Bhubaneswar
© Michel Racine

Bhubaneswar

Une capitale d'état qui reste plutôt agréable si on évite Cuttack road. La planification par des architectes de l'école de Le Corbusier n'est pas très apparente (sauf vers le marché), mais il en reste quelles rues tranquilles se recoupant à angle droit, à l'ouest de Jangpath.

Le quartier ancien (Ekamra Kshetra) qui comprend le bassin sacré Bindu Sagar et les temples éparpillés aux alentours évoque plus un village que la ville et les activités religieuses y sont fascinantes. Les sculptures des temples donnent un avant goût de ce qu'offre Konark. Je vous conseille de garder pour la fin le Raja Rani mandir: si vous êtes rassasié avant, vous gagnerez 100Rp (2008), la visite des autres temples étant gratuite. Le Lingaraj mandir, le temple le plus actif et le plus imposant, est réservé aux indouistes.

Le musée ethnographique, malheureusement fermé lors de ma visite vous donnera sans doute envie de rencontrer les Adivasi.

Les hôtels les plus pratiques sont au voisinage de la gare ferroviaire, à moins que vous ne préfériez le Panthanivas proche des temples. La demande est forte (sauf pendant la mousson), réservez à l'avance !

L'office du tourisme, dans le Panthanivas est totalement inefficace, mais offre un circuit d'un bon rapport qualité prix si vous voulez visiter les grottes d'Udaigiri ou le zoo.

Bhubaneswar est bien reliée par train avec Kolkata, Koraput et Jagdalpur (pour les marchés de producteurs), sans compter les liaisons à plus grande distance; la gare routière est très excentrée; un taxi pour Konark coûtait 500Rp en 2008.

Je n'ai pas eu l'occasion de voyager au nord de Bhubaneshwar; outre Cuttack, une ville commerçante qui semble avoir son intérêt, les passionnés de culture bouddhique trouveront leur bonheur sur les trois sites de Ratnagiri, Udaigiri et Lalitgiri; le tourisme y est balbutiant mais le musée de Ratnagiri renferme de remarquables sculptures et un hôtel d'état existerait dans cette même ville.

Konark (Konarak) et le temple du soleil  

Un des monuments majeurs de l'Inde, mais pourtant un lieu paisible au moins en matinée et en soirée, sans compter la plage de Chandrabhaga et son village de pêcheurs.

Les Adivasi de l'Odisha

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Femme Dongria Kondh, marché de Chatikona
© Michel Racine

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Femmes Dongria Kondh, marché de Chatikona
© Michel Racine

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Femme Dongria Kondh, marché de Chatikona
© Michel Racine
Tapez tribal tour odisha dans un moteur de recherche sur l'Internet et vous aurez une idée du problème. L'Odisha est un des états où les communautés ethniques (les Adivasi, du sanskrit ceux qui habitent à l'origine) ont réussi à maintenir leurs traditions. Vivant en autarcie, largement exclues de la société indouiste dominante, ces communautés sont victimes depuis longtemps de persécutions incessantes; elles se sont souvent trouvées expulsées de leurs terres, à la fois par de petits commerçants sans scrupules qui ont utilisé le mécanisme du crédit pour les mener à la ruine et par de grandes entreprises multinationales voulant exploiter leur sous sol.

Les collines du sud de l'Odisha présentent encore de sublimes paysages champêtres, mais vous vous rendrez compte au nombre de convoix ferroviaires qui circulent que la révolution industrielle guette. Un long conflit de plus de dix ans a opposé par exemple les Dongria Kondh des Niyamgiri Hills à une multinationale anglaise (cf le rapport d'Amnesty International en bas de page). Au dernières nouvelles, les Dongria, heureusement aidés par des associations, semblent avoir obtenu gain de cause devant les tribunaux de l'Union indienne; espérons que ces décisions de justice soient respectées.

La dernière couche de l'histoire est d'en faire une attraction touristique sur laquelle les indiens indouistes ne sont pas les derniers à se précipiter. Suite aux nombreux abus, les agences de voyages locales ne sont théoriquement plus autorisées à organiser des visites de villages ou de marchés hebdomadaires (haat) qu'après avoir signé une charte garantissant une certaine éthique des pratiques et la photographie est interdite sur les marchés devenus les plus touristiques.

Dans la pratique les Adivasi ne tirent du tourisme que des revenus dérisoires (et de la pire espèce, comme faire payer des photographies). Les productions artisanales font rarement partie de leur tradition (sauf peut-être pour les statues à la cire perdue, encore qu'elles soient plus présentes au Chhattisgarh qu'en Odisha). Des associations commencent lentement à faire évoluer la situation.

Les photographies (volées) du marché de Chatikona présentées ici le sont après bien des hésitations. Néanmoins la meilleure façon de défendre ces communautés est sans doute, au point où on en est, de parler d'elles. Le regard des Dongria Kondh qui mêle à la fois la noblesse et le sentiment de bête traquée, m'a plus qu'impressionné.

En pratique

Soyez extrêmement circonspects dans votre approche des Adivasi; contactez des associations qui seront sans les meilleurs intermédiaires pour des échanges de qualité, et / ou des guides locaux recommandés. Certaines agences de Bhubaneswar comme Discover Tours sont serviables et n'ont pas trop mauvaise réputation.

Il existe une multitude de marchés hebdomadaires (haat) et les moins connus sont sans doute ceux dont l'ambiance est la plus agréable; je resterai volontairement imprécis sur le sujet. Les trois "villes" qui suivent sont reliées par des trains express à Kolkata et Bhubaneswar. Ce sont de bonnes bases pour organiser des visites de marchés. L'association New Hope est basée à Muniguda (à ne pas confondre avec Mundiguda), où elle tient une léproserie. A Rayagada, l'hôtel Raj Bhavan est à moins de 100m de la gare. Koraput est une petite ville agréable, possède un très intéressant musée d'ethnologie, le temple de Jagannath est ouvert aux non-indous (contrairement à celui de Puri) et un grand marché s'y tient le dimanche. L'hôtel Raj Residency, dont on dit beaucoup de bien, y a ouvert récemment. Signalons aussi la Chandori Sai guest house, luxeuse (et chère), montée par un australien à Gudaguda, près de Kakiriguma.

Références

() Don't Mine us Out of Existence, Bauxite Mine and Refinery devastate Lives in India. Un rapport complet d'Amnesty International sur le combat des Dongria Kondh pour défendre leur terre des Niyamgiri Hills.
() Duppata. Une association parmi d'autres, dont le but est de préserver les cultures des Adivasi.

Bibliographie

Ekamra Kshetra. The Temple City, Bhubaneswar est proposée par l'Inde pour figurer sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.