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Dossiers photographiques


Le tour de l'Annapurna a longtemps eu la réputation d'être un des plus beaux treks du monde, mais il faut bien prendre conscience que c'est aujourd'hui du passé...

Les trop rares photographies de 1982 présentées ici évoquent une sorte de pureté disparue, un monde quasi vierge de tout contact avec la société de consommation occidentale: tout terrain cultivable est cultivé, pas un bout de tôle ondulée, aucune de construction qui ne respecte le style local (lodges compris).

Aujourd'hui, les sommets n'ont évidemment pas disparu, mais les aperçevoir aux détours d'une piste poussièreuse ne fait pas le même effet que les admirer depuis un chemin serpentant tranquillement à travers une forêt. La pullulation de lodges inesthétiques, aux couleurs toutes plus fluo les unes que les autres, défigure depuis longtemps les villages, alors que les maisons anciennes (souvent superbes) sont abandonnées et s'effondrent. Pendant le même temps la piste à progressivemment grinoté les vallées. Le trafic des 4x4 reste suffisamment épisodique pour ne pas être directement gênant (sans compter qu'il est souvent possible d'emprunter des variantes en passant sur la rive opposée de la vallée), mais la piste accentue tous les travers d'un "mauvais" développement (un peu plus de toits en tôle, de murs de béton non terminés, de couleurs fluo, etc. ). Le tour survit encore grâce à sa réputation passée (10 fois plus de trekkeurs au début des années 2010 que sur le Tour du Manaslu), et conserve quand même quelques beaux restes.

Si vous n'appréciez pas outre mesure de marcher sur une piste et si vous recherchez l'atmosphère traditionnelle des villages de montagne, plutôt qu'un circuit "Disneyland", il vous faudra faire preuve de beaucoup de subtilité (consultez le paragraphe En pratique, les Liens amicaux en bas de page et dépêchez-vous). Pour vivre en continu une ambiance "authentique", allez ailleurs.

Itinéraire original 

La carte ci-dessous correspond à un itinéraire réalisé en 1982 (et qui n'est plus réalisable tel quel aujourd'hui).
Le tour des Annapurnas en 1982
Le tour des Annapurnas en 1982
© Michel Racine

A noter que si l'on voit souvent la chaine des Annapurnas sur ce circuit, l'Annapurna 1, seul sommet de la chaine atteignant les 8000 m, n'est visible que depuis le panorama de Pun Hill (Ghorepani).

Carnet de route (été 1982)  

Le trek démarre à Dumre, sur la route Kathmandu - Pokara et se termine à pied dans les bazars de Pokara. J'ai parcouru cet itinéraire grâce à un guide recruté à Kathmandu (Agence Mountain Travels, environ 40Rp par jour plus la prise en charge de ses repas) et en portant moi-même ma charge (préjugé égalitaire d'un trekkeur qui n'avait encore jamais mis les pieds au Népal).

La vallée de la Marsyangdi n'a été ouverte aux trekkeurs qu'en 1976, et beaucoup campaient, en conséquence, les lodges étaient peu nombreux et les ressources alimentaires rares sur la première partie du circuit. Il a fallu attendre la Kali Gandaki et Muktinath pour trouver des oeufs; en attendant, on survivait avec du riz blanc agrémenté en altitude de sortes d'épinards (en réalité des feuilles de sarrasin) et de petits cailloux (en réalité de la viande séchée) qu'il faut longuement sucer pour ne pas se casser les dents. Le dhal est inexsistant et les chapatis paraissent bien secs. Dès Chamje j'ajouterai de la tsampa au petit déjeuner car il est difficile de tenir jusqu'au repas de 10 heures avec un seul verre de thé au lait. En contrepartie, un repas ne coûte que 10Rp (un peu moins d'1 $) et prendre le souper assure généralement l'hébergement pour la nuit sans supplément.

Pour se mettre dans l'ambiance, il faut franchir un gué pieds nus à peine quitté Dumre; la végétation est tropicale, il fait très chaud et on envierait presque les buffles qui paressent dans des mares d'eau boueuse; mais le spectacle compense toutes ces inconvénients: c'est le repiquage du riz et toute la population coopère dans les rizières inondées; scènes magnifiques.

A Turturi, au petit matin, l'Annapurna 3 se dévoile au dessus de la brume stagnant sur le fond de vallée; pourtant, il fait bientôt aussi chaud que la veille; d'impressionnants Banians ombragent les chautara, ces petits murets qui permettent aux porteurs de poser leur charge à hauteur de dos, mais cela ne suffit pas à rafraichir.

La suite du trek emprunte une gorge étroite couverte d'une végétation d'un vert profond; il faut dire que la pluie devient rapidement insistante et que l'on ne fait bientôt plus la différence entre les chemins inondés et les canaux d'irrigation des rizières, sans compter quelques sangsues qui pointent.

Ce n'est qu'à partir de Bagarchap que le paysage change: les conifères remplacent les bananiers, le cannabis jusque là omniprésent sur les chemins disparait. Les toits prennent la forme de terrasses et on peut ranger le parapluie sur le côté du sac.

A Pisang des chevaux paissent au bord d'un lac; le village (aujourdh'hui nommé Pisang haut ou Upper Pisang ou ancien Pisang), blotti autour de sa gompa, présente l'archétype du village tibétain tandis que trois superbes maisons récentes (en 1982), mais construites dans le style local, se regroupent plus près du chemin (elles constituent l'origine de Pisang bas ou Lower Pisang). C'est là que l'on passe la nuit, plus un logement chez l'habitant qu'un lodge: le soir venu on chasse les poules de l'immense pièce constituant le rez de chaussée et on déroule les duvets sur des tapis posés à même le sol, autour du foyer ouvert. En amont, Braga est un autre village exemplaire posé sur sa colline.

Manang, avec ses toits terrases imbriqués les uns dans les autres est le village le plus important de la vallée. Le glacier du Gangapurna est visible sans s'élever beaucoup en rive droite.

Avec le couple de français rencontré au départ de ce trek, nous décidons de consacrer deux jours à une digression vers le lac de Tilicho. Nous avons un réchaud à kérosène et un double toit de tente et nous emportons chapatis, pommes de terre et tsampa. Après renseignements pris au village de Kangsar nous empruntons le chemin du bas; chemin est vite dit car de vagues traces sur les rives de la rivière permettent à peine de passer à sec; il faut se glisser à travers les arbustes et les pins, traverser ensuite des pentes dénudées et vertigineuses qui apparaissent comme des tobogans vers l'eau toute proche. Plus haut les pentes toujours minérales deviennent plus praticables, mais l'altitude se fait sentir. Récompense espérée, la crête atteinte, l'un des plus beaux paysages de haute montagne qui soit dans l'Himalaya se révèle.

Malgré la nuit passée en altitude à Tilicho (5 000 m) et une nuit de repos à Manang (3 600 m), la traversée du Thorong La avec une charge de 15 kilos n'est pas une petite affaire. Une minuscule bâtisse offre un refuge pour la nuit avant de passer le col. Du col, superbes vues sur l'Annapurna, sans pour autant être aussi impressionantes que le spectacle offert depuis Tilicho Tal. 2 000 m sont à descendre jusqu'à un lodge face à la dharamsala de Muktinath, en aval du temple.

Le tour des Annapurnas en 1982
La dharamsala de Muktinath héberge les pélerins de passage depuis le 19e siècle
© Michel Racine

Une deuxième nuit à Muktinath nous permet d'explorer les temples ainsi que les champs d'orge alentours où se déroule la moisson.

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En 1982 l'altiport de Jomosom se réduit à un terrain terreux battu par les vents et peu fréquenté
© Michel Racine
Plus bas, les paysages deviennent désertiques; dans un lodge de Kagbeni des affiches chinoises de propagande s'étalent sur les murs. La vallée de la Kali Gandaki qui se poursuit au nord exerce l'attirance des régions interdites d'autant que les paysages semblent fascinants (le Mustang ne sera ouvert aux étrangers qu'en 1992).

Jomosom déjà un peu bourgade administrative et entouré de camps militaires n'attire guère. Le terrain d'aviation, une plaine terreuse et une petite maison aux volets fermés portant un panneau "Royal Air Nepal Corporation" laisse sans voix: difficile de se remémorer les lieux tels qu'ils étaient à l'époque en les observant aujourd'hui. En continuant la descente on atteint Marpha, village propre et bien organisé: les facades de pierre peintes en blanc bordent une allée soigneusement pavée et un caniveau couvert. On trouve même des toilettes en aval du village (les seules visibles sur tout ce parcours à l'époque); plus au centre le Baba lodge (je n'ai pas inventé le nom et je crois que cet hébergement existe toujours) offre un confort que je n'avais pas connu depuis le départ. Ce village dynamique cultive aussi les pommes. Cet été 1982, des pylones annoncent l'arrivée prochaine de l'électricité.

Sous Marpha, on traverse d'autres villages intéressants: Khobang, Larjung, Tukuche. Kalopani offre des hébergements confortables.

Plus en aval le décor devient alpestre et on retrouve des gorges, mais plus riantes que celles de la Marsyangdi. A Tatopani, le pays tibétain n'est plus qu'un souvenir, les feux pour la cuisson reprenent leur place sur la terrasse devant la maison; bananiers et orangers réapparaissent.

C'est aussi à Tatopani que d'épuisantes envolées d'escaliers permettent d'abandonner la Kali Gandaki pour retrouver des forêts humides (et des sangsues); on ne peut qu'imaginer les rhododendrons en fleurs, au printemps. A Ghorepani, il ne faut pas manquer le panorama depuis Pun Hill et par chance le temps était bien dégagé.

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L'Annapurna 1, l'Annapurna sud, et le Macchapuchare depuis Poon Hill
© Michel Racine

L'itinéraire se poursuit par des successions d'escaliers montants ou descendants à travers de superbes cultures en terrasse; les villages bien nets sont dominés au loin par le Macchapuchare.

A l'arrivée, la traversée des faubourgs de Pokhara semble s'éterniser; heureusement les rives en partie intactes (à l'époque) du Pewa Tal réconcilient avec cette ville. Fatigué (j'ai perdu 5 kg durant ce trek, surtout à cause du manque de nourriture pendant sa première partie), mais conscient d'avoir vécu un périple extraordinaire par la variété des paysages traversés, et surtout par ses contacts humains.

En pratique 

Depuis 2015, dans la vallée de la Marsyangdi, la route monte jusqu'à Khangsar, au dessus de Manang; de l'autre côté du Thorong La, on la retrouve dès Muktinath.

Autant dire que le "Tour des Annapurnas" s'est réduit au passage du Thorong La: il peut théoriquement se faire en 2 étapes si vous supportez la montée rapide en altitude qu'occasionne l'utilisation des véhicules, une idée absurde. A l'inverse, la montée complète à pied depuis Besi Sahar me laisse rêveur: parcourir pendant une semaine une piste poussièreuse et inintéressante, sous prétexte que ce trek était merveilleux il y a 30 ans, souvent avec un lourd sac à dos (car ceux qui le font utilisent rarement les services d'un porteur) est pour moi incompréhensible. L'itinéraire original quitte cependant la Kali Gandaki (et la piste!) à Tatopani. Cette zone de collines proche de Pokara offre de multiples variantes.

Manang express 

De Besi Sahar, là où se termine la route asphaltée, partent des 4x4 collectifs dans lesquels on s'entasse jusqu'à 12 personnes et qui peuvent vous mener directement à Manang. La piste peut être caillouteuse ou boueuse (selon la saison) et présente des portions exposées voire dangereuses.

La montée en une seule journée a toutes les chances d'être extrêmement éprouvante. Même si vous supportez la variation d'altitude, même si vous utilisez un véhicule privé pour disposer d'espace, il restera la portion située entre Chamje et Dharapani, très exposée aux chutes de pierre, voir aux glissements de terrain que je déconseille absolument d'effectuer par la piste.

Ceux qui redescendent du Tour du Manaslu, ou qui veulent explorer les beaux restes que présente la haute Marsyangdi trouveront quelques conseils ci-dessous:

Quelques beaux restes 

De Chamje à Dharapani (l'inverse à la descente)
Un bon sentier existe en rive gauche de la gorge; il vous permettra d'en apprécier la beauté austère au rythme de la marche et surtout d'éviter les risques présentés par la piste à cet endroit. A noter que Tal est un village moderne essentiellement constitué de lodges.
De Dharapani à Bimthang
Une digression de quelques jours (qui exige cependant guide et permis spécial) consiste à parcourir à l'envers la fin du tour du Manaslu. Vous ne verrez guère de beaux villages (Bimthang ne comptait que quelques bergeries avant la construction de lodges et Tilije est déjà bien affecté par ce type de "développement"), mais les paysages au dessus de Gho sont parmi les plus variés et plus fantastiques qu'offre l'Himalaya népalais . Avec une tente, il est même possible de faire une boucle en montant de Karte ou Nache au Dona Tal, puis en redescendant sur Gho par le Tripple Pass (4500m).
De Dharapani à Koto
Si vous enchainez le tour du Manaslu et le circuit Naar / Phu, vous aurez sans doute à parcourir cette portion de la vallée de la Marsyangdi. En 2015, mon guide, pour des raisons obscures, n'a pas voulu prendre l'un des deux sentiers en rive gauche, qui permettaient, en passant par Tache, d'éviter la piste. Le sentier en rive droite qui monte à Odar permet sans doute aussi, au prix de quelques efforts supplémentaires d'en éviter une plus petite partie. En tout état de cause, si vous êtes sur la piste sous Timang, il faut absolument prendre l'ancien chemin qui coupe opportunément les lacets de la piste, mais permet aussi de découvrir une magnifique forêt de rhodendendrons (en fleurs en avril): le chemin se prend à gauche juste après un gué / pont piétonnier et est à poursuivre jusqu'au village de Timang (ne pas reprendre la piste lors du premier croisement). Mais si vous faites cette étape en véhicule, vous ne perdrez pas grand chose...
Naar / Phu, digression d'une semaine depuis Koto (détails)
Ce circuit, ouvert seulement en 2003, contourne par le nord le Pisang Peak et revient sur le circuit des Annapurnas à Ngawal par le Kang La. Les villages de Phu et de Naar ont conservé beaucoup de caractère (dépêchez-vous), les sentiers sont spectaculaires, et vous passez en une journée des forêts d'Epicea à des paysages plus désertiques et plus minéraux qui rappellent le Mustang. Un permis spécial est obligatoire.
De Dhikur Pokari à Braga, ou l'inverse à la descente (détails à venir)
Un sentier en rive gauche (alors que la route est de nouveau en rive droite), traverse de beaux villages tibétains aux toits plats (du moins des villages qui gardent de beaux restes) comme Upper Pisang , Ghyaru, Ngawal et surtout Braga, des forêts de petits conifères, des décors de moraines érodées; il devient sentier balcon au dessus de Ghyaru avec des vues formidables sur la chaine des Annapurnas. Le village le mieux conservé de la vallée, Braga, est resté bien plus authentique que Manang (qui n'est à 30min de marche) et offre plusieurs lodges dont un très confortable (constaté en 2015, New Yak Hotel). Entre Ngawal et Braga prenez la variante passant par Julu (ou Chulu), sous les sommets du même nom. A Pisang, l'ancien monastère est fermé mais le nouveau, tout en haut du village, est accueillant et la salle d'assemblée présente de très belles fresques (les dons des trekkeurs, très nombreux à passer ici doivent aider).

Braga (ou Braka) est géré par un comité de village dynamique préoccupé par la conservation de la culture locale (un bâtiment imposant, qui a nécessité de très voyants murs de soutènement était en construction en 2015 en plein centre du village, mais on espère qu'il s'agit d'un bâtiment monastique). Les autres habitations imbriquent leurs terrasses et semblent en bon état. Une taxe (100 Rp en 2015) a été instituée pour la visite du monastère (elle reste raisonnable et correspond à l'offrande que vous auriez fait en tant que trekkeur civilisé); elle permet la présence d'un gardien aux heures d'ouverture; on ne visite malheureusement que la grand salle d'assemblée du bas, qui contient une quantité incroyable de statues anciennes (le monastère est réputé avoir plus de 500 ans).

Au contraire, Pisang (renommé Upper Pisang) et Ghyaru sont en partie défigurés par la construction de lodges s'efforçant d'être plus voyants les uns que les autres, tandis que beaucoup de maisons anciennes sont abandonnées et s'effondrent (le séisme du 25 avril 2015 a peut-être aggravé les choses, mais les dégats sont ici bien antérieurs). Si vous regardez attentivement vous observerez cependant de magnifiques fenêtres. De plus le nouveau monastère, tout en haut du village, mérite une visite: les moines sont accueillants et les fresques murales sont belles, dans un style qui fait penser à Kopan. Il n'y a pas que les lodges qui défigurent les villages: un nouveau chorten construit dans un style qui n'a rien à voir avec les traditions locales (peut-être un généreux donateur taïwanais?) trône juste sous le village de Ghyaru et a nécessité des terrassements impressionnants que vous ne pouvez manquer si vous montez de la vallée.

Manang: de très nombreux lodges ont été construits depuis longtemps sur les terrasses agricoles, sous le village d'origine. Le monastère situé au centre du vieux village semble abandonné et l'ensemble (vieux village et lodges) présente un aspect quelque peu défraichi. Ceux qui ne peuvent se passer de patisseries et autres maisons de thé ou même de magasins de sports y trouveront cependant leur bonheur, sans pour autant que les lieux puissent rivaliser avec Lukla ou Namche Bazaar; les autres gagneront à s'héberger à Braga (qui possède d'ailleurs aussi une patisserie).

Une superbe diversion latérale d'une journée en A/R consiste à monter de Braga au "lac gelé" (Ice Lake ou Kicho Tal) . Un excellent sentier (raide mais régulier et sans escaliers) permet d'atteindre le lac situé à 4600m d'altitude sous le Chulu East; si vous êtes fatigué, vous pouvez stopper vers 4200m: le panaroma est presque aussi fabuleux et s'étend du Manaslu au Thorong La en passant par toute la chaine des Annapurnas; unique! Contrairement à son nom, le lac dégèle de mai à septembre. D'autres diversions sont possibles, toujours de Braga, mais versant nord (je ne les ai pas parcourues en 2015 en raison du fort enneigement).
Le lac de Tilicho (Tilicho Tal)
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Le lac de Tilicho
© Michel Racine

Cette digression populaire n'exige réglementairement ni guide, ni permis. Il existe plusieurs lodges au niveau du camp de base de Tilicho Peak, mais on peut conseiller de faire ce circuit sous tente afin de musarder au voisinage du lac . Le Tilicho Tal étant gelé une grande partie de l'année, la meilleure saison pour apprécier la situation époustouflante du plus haut des grands lacs népalais s'étend de juin à septembre.

De Manang, on peut partir du monastère central ou des moulins à prière à la sortie amont du vieux village. La piste montant à Khangsar traverse la Thorong Khola par un petit pont, mais un sentier accessible par un beau pont suspendu en amont permet d'en éviter une partie (renseignez-vous sur l'état exact de ce sentier car il peut être dangereux). Le monastère de Thare (Thare gompa) à une heure de marche au dessus de Khangsar et sur la route du Tilicho mérite absolument une visite; c'est un monastère ancien, très visité par les pélerins, et il possède des fresques intéressantes représentant les différents Bouddhas. Un bâtiment moderne est en construction. Khangsar est bien équipé en lodges malheureusement très voyants dès que l'on approche du village.

Franchir le col de Tilicho (plus exactement le Mesokantu La) est un itinéraire de haute montagne qui demande préparation et équipement sérieux.

Si vous franchissez le Thorong La après avoir visité Tilicho Tal, sachez qu'un sentier permet de rejoindre directement Ghyangtang (et Yak Kharka), sans avoir à passer par Manang.

Références 

Sur les accès au lac et au col de Tilicho consultez cette page (en anglais) de Per Löwdin Trekking to Tilicho

Bibliographie 

Maurice Herzog. 1951. Annapurna premier 8000. Arthaud. Le col et le lac de Tilicho tiennent une bonne place au début de ce livre (lire le chapitre A la recherche de l'Annapurna). NB: la référence à ce récit historique ne doit pas être considérée comme un tribut à la personnalité très controversée de Maurice Herzog; si vous voulez en savoir plus (et mieux apprécier la vérité de l'histoire), lisez le livre de David Roberts (référence ci-dessous) ou le "roman" écrit par sa fille (Félicité Herzog. 1982. Un héros. Grasset).
David Roberts. 2000. Annapurna, une affaire de cordée. Editions Guérin, Chamonix (2000. True summit. Simon & Schuster). Contient un fac similé du journal d'expédition de Louis Lachenal, le premier alpiniste ayant atteint un 8000m, avec Maurice Herzog.

Liens amicaux 

Le Tour des Annapurnas. La partie française d'un site allemand écrit avec beaucoup de sensibilité. N'hésitez pas à consulter aussi les pages allemandes de ce site qui contiennent des informations plus récentes. L'auteur du site a publié un livre (en anglais) décrivant tous les chemins qui permettent de faire le tour des Annapurnas en évitant la route, et suggère d'autres variantes:
Andrées de Ruiter, Prem Rai. 2013. Trekking in the Annapurna area along the new NATT-trails which avoid the road: Amazon Media (format kindle) ou ici en pdf.