Ruelle 20131026_c46 Patan 19940711_d28415 19940808_d30513 20111022_c59 20060827_c18
La vallée de Kathmandu a énormément changé au fil de ces trentes dernières années; les constructions modernes ont envahi les rizières et défiguré la merveilleuse architecture urbaine des newars.

La vallée de Kathmandu figure sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO (UNESCO, 1979). Sept ensembles sont cités: les places Durbar de Kathmandu, Patan et Bhaktapur, les stupas bouddhistes de Swayambhunath et Bodnath ainsi que les temples indous de Pashupati et de Changu Narayan. Il serait plus objectif de la faire figurer sur la controversée liste du patrimoine mondial en péril (en fait elle y a figuré de 2003 à 2007), même si ne sont cités sur la liste de l'UNESCO que des quartiers précis et non la totalité des bâtiments. Certains édifices remarquables ont été restaurés avec l'aide de sponsors étrangers, mais pas leur environnement.

Ce n'est qu'à Bhaktapur qu'un arêté municipal récent impose quelques règles visant à préserver l'harmonie des facades extérieures. Il faut espérer qu'il soit appliqué, Bhakapur restant la ville la moins mal préservée de la vallée; mais presque partout, le mal est déjà fait. La page consacrée à l'architecture développe ce problème.
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Kathmandu, mosaïque d'images prises de l'aéroport (Bodnath est visible à gauche) © Michel Racine
L'augmentation considérable de la population par immigration rurale, agravée par la guerrilla maoïste est à l'origine de déplacements quotidiens qui débordent totalement les maigres infrastructures de transport disponibles.
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Pollution, vallée de Kathmandu. © Michel Racine

La pollution de l'air est telle qu'il est illusoire d'espérer voir les montagnes depuis la capitale, sauf parfois pendant la mousson quand les pluies ont lavé l'atmosphère et qu'un intermède de beau temps s'installe très temporairement. Parcourir à pied ou même en taxi une avenue à fort traffic ou la "route circulaire" est une épreuve et l'air y apparait très vite irrespirable.

En hiver, la pollution(1) stagne dans ce bassin bordé de collines et la concentration en particules fines dépasse de 20 fois le seuil recommandé par l'OMS (5 fois plus que pendant les pics de pollution à Paris). La pollution est plus forte le matin quand le brouillard n'est pas encore levé, plus forte au centre (Thamel) qu'en périphérie (Bhaktapur).

L'origine de cette pollution est multiple, constituée des briqueteries (qui ne fonctionnent pas pendant la mousson), des foyers domestiques et du traffic routier, sans compter les groupes électrogènes destinés à pallier les coupures de courant.

Le séisme du 25 avril 2015, a causé plusieurs milliers de morts dans la vallée, des dizaines de milliers de blessés et de sans-abri en endommageant gravement les habitations anciennes ou plus récentes (construites sans aucun respect de règles d'urbanisme ou de règles anti-sismiques) ainsi que nombre de monuments.

Lieux

Kathmandu (détails
Un bahal 20131026_c43
Une multitude de cours (Bahals) organise l'habitat et constitue des cheminements pour initiés. © Michel Racine

Un ensemble éclectique et complexe où le meilleur continue de cotoyer le pire.
Patan (détails
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Chariot utilisé pour la procession de Rato Machendranath. © Michel Racine

Plus éclectique que Bhaktapur, mélant campus universitaires et bâtiments anciens, streetart et traditions ancestrales; elle est plus authentique que Kathmandu et beaucoup plus calme (à condition d'éviter les avenues à fort trafic comme Kupondol Road).
Bhaktapur  (détails
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Le temple de Dattatraya. © Michel Racine

Un village fascinant, surtout le matin et le soir, quand les touristes venus de Kathmandu se font rares.

Si la plupart des monuments et des places classés par l'UNESCO ont survécu au séisme de 2015, une bonne partie des maisons anciennes de Bhaktapur ont terriblement souffert; une bonne partie de la ville est en ruine et risque de le rester longtemps.
Changu Narayan  (détails
Rizière, Changu Narayan, 1994; 19940808_d30520
En 1994, le village de Changu Narayan est entouré de rizières (aujourd'hui en partie disparues). © Michel Racine

Autrefois village-temple isolé sur une colline Changu Narayan évoquait un paradis perdu hors du temps. Le développement touristique a mis fin à cette vision (encore que tout soit relatif). La cour centrale reste un extraordinaire musée en plein air formé par un ensemble de stèles anciennes éparpillées autour du temple.
Bodnath (détails
Stupa de Bodnath 19940802_d30133
Décoration du stupa, 1994 © Michel Racine


Pashupatinath (détails
Prière 19940803_d30206
Prière, 1994 © Michel Racine

Le site traditionnel des crémations; un réaménagement en cours vise à en dégager les abords des constructions parasites et à diminuer la consommation du bois pour les crémations. C'est un des seuls projets d'ampleur qui se préoccupe de préserver l'architecture urbaine de la vallée.
Swayambunath (détails
Buddha 20060730_c17
Les pieds de Buddha et les mains des pélerins © Michel Racine

La colline aux singes.
Bungamati et Khokna  (détails
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Cette porte menait à la place centrale du village où s'élevait le temple de Rato Machendranath; © Michel Racine

Contrairement au reste de la vallée, ces villages conservaient toute leur atmosphère; on y retrouvait la paix que dégagent le rythme lent des activités quotidiennes; les piments ou les céréales sèchaient au soleil, on filait la laine (kokna) ou on sculptait le bois (Bungamati).

Mon coup de cœur correspond à une situation passée, mais, bien avant le séisme du 25 avril 2015, les édifices modernes remplacaient déjà ici ou là des maisons anciennes ou pire constituaient de nouvelles rues; quand aux rizières, elles cédaient progressivement la place à l'urbanisation sans limites de la vallée.

Je ne peux décrire la situation d'après le séisme; les deux villages ont été très fortement touchés (d'après mes informations, 80% des habitations se sont effondrées ou sont devenues inutilisables).
Les lieux oubliés (détails
Sanku; Banepa; Panauti.
Mural, Dhoka Tole, 2013; 20150415_c020
Mural (Kolor Kathmandu, 2013); Dhoka Tole ; © Creative commons (Attribution: Michel Racine, pas d'utilisation commerciale)

Murs peints (murals, streetart) (détails

Comme dans bien des lieux, le développement du streetart dans la vallée de Kathmandou est tout récent, mais explosif.

En pratique

Hébergements
Le quartier de Thamel est traditionnellement celui qui offre le plus de ressources touristiques et reste le plus pratique si vous avez des démarches à accomplir. Mais l'évolution de la vallée est telle que Bodnath (tibétain) et Bhaktapur (indouiste) vous assureront des expériences plus reposantes, plus authentiques (et un peu moins polluées, cf ci-dessus). De l'aéroport, ces deux points de chute sont tout autant accessibles que Thamel, sinon plus. Patan est moins fréquenté mais très central, tout aussi reposant que les deux précédents et constitue un bon point de départ pour accéder aux nombreux villages du sud de la vallée.
Transports
Se déplacer dans Kathmandu est aujourd'hui un véritable cauchemard. Comptez une heure de taxi là où dans les années 80 il suffisait d'un quart d'heure de vélo. Les bus sont bondés et leur parcours difficile à appréhender; les petits tempos blancs sont un peu plus utilisables.

Une piste digne des plus difficiles safaris africains permet de relier Bodbath à Bhaktapur, en contournant l'aéroport par le nord, donc en évitant les embouteillages de la route Patan / Bahaktapur, particulièrement encombrée. Malgré les énormes trous, la boue ou la poussière, les petits taxis Marutis n'hésitent pas à l'emprunter.

Références

(UNESCO, 1979) La liste du patrimoine mondial: vallée de Kathmandu, sur le site de l'UNESCO.
(1) Exposure to airborne particulate matter in Kathmandu Valley, Nepal, Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology (2012) 22, 235–242; doi:10.1038/jes.2012.14; published online 7 March 2012.

Bibliographie

() kathmandu-valley-temples.com/ . Un site totalement pro par un voyageur amateur.