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Dossiers photographiques

Le nom de Khumbu est associé aux plus hautes montagnes de la Terre, en particulier à l'Everest. C'est l'une des trois zones du Népal habitée par les Sherpas.

Si vous aimez trekker dans une relative tranquilité, si vous aimez la convivialié des rencontres d'autant plus profondes qu'elles sont rares, si vous appréciez le contact avec des populations qui ont autre chose à échanger que leur pratique au service des trekkeurs, allez ailleurs. Sinon, au moins sur la liaison Lukla - Namche Bazar et pendant le pic touristique, préparez vous au pire, c'est à dire à devoir attendre que la foule des trekkeurs qui vous précède s'écoule à chaque rétrécissement du chemin.

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L'économie autrefois basée sur des échanges (le Nangpa La communique avec le Tibet) s'est trouvée profondément modifiée par le tourisme. La gestion des loges, le portage à dos d'Homme ou de Yak, le métier de guide, constituent aujourd'hui les activités principales.

Pourtant, les champs sont soigneusement cultivés (et fournissent une part non négligeable de l'alimentation consommée sur place), la récolte de branchages dans de grandes hottes ou le séchage des bouses de Yak sont des activités quotidiennes. Certaines traditions sont jalousement conservées et de nombreux monastères restent actifs. En fait d'énormes inégalités se sont creusées entre ceux qui profitent de la manne financière apportée par les trekkeurs et les autres, dont la vie n'a guère changé depuis 50 ans.

Les paysages de moyenne montagne sont superbes, avec de belles forêts, même si les arbres qu'il s'agisse de Rododendrons ou de Cèdres, paraissent jeunes (un des résultats positifs du parc national ?). La réputation des paysages de haute montagne n'est plus à faire.

Contrairement à d'autres régions tibétaines du Népal les habitations sont séparées les unes des autres, sauf à Pangboche. Construites en pierres au milieu des murets délimitant les champs, les maisons, souvent très simples, donnent aux villages un aspect austère.

Certains villages, en particulier Thame semblent être très affectés par les séismes du printemps 2015.


Itinéraires

Le sentier le plus fréquenté mène directement de Namche Bazar au camp de base de l'Everest par Tengboche, Pangboche, Periche, Lobuche. Plus intéressante est la boucle utilisant la vallée de la Dudh Koshi pour monter à Gokyo et rejoignant Lobuche par le Cho La.

Passer par Thame et la vallée de la Bhote Koshi permet d'emprunter un sentier un peu plus original (tout est très relatif) en joignant Gokyo par un autre col, le Renjo La. On peut encore faire un détour au retour par le Kongma La et Chhukhung, enchainant ainsi trois cols à plus de 5300m, un itinéraire magnifique et réputé à juste titre. Cet itinéraire se pratique généralement dans le sens des aiguilles d'une montre, surtout si on couche dans les lodges disponibles sur le parcours. Coucher sous tente est fortement conseillé si on veut le faire dans l'autre sens, pour un découpage optimal des étapes et des passages de cols.

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Autour de Namche Bazar
Les constructions se sont multipliées de part et d'autre de la piste d'aviation de Lukla et la multitude de commerces présents dans ce lieu reculé ne manque pas d'étonner; vous trouverez sans doute plus facilement du matériel de montagne et de randonnée ici que dans votre lieu de résidence. Il faut compter deux jours de marche en montant de Lukla à Namche Bazar (avec une nuit à Phakding) et une journée pour descendre.

Le plateau situé juste au dessus de Namche Bazar porte deux gros villages, Khumjung et Khunde qui constituent des buts d'excursion intéressants si vous n'y passez ou séjournez pas durant votre trek; à Khumjung se situe la Hilary Secondary School qui recoit les éleves après leurs études primaires dans les écoles de village; c'est un gros village agricole qui comporte aussi de nombreux lodges. L'hôpital local est situé à Khunde. Ces deux villages sont considérés comme les plus riches de tout le Khumbu.
De Namche Bazar au Renjo La par la vallée de la Bhote Koshi
Un sentier balcon en rive gauche quitte Namche au niveau de son monastère tout en haut du village; l'accès de cette vallée a longtemps été interdit; en approchant le gros village de Thamo, on aperçoit le bâtiment rouge du nouveau monastère en construction tout en haut du village; en attendant, les nonnes sont installées dans un bâtiment plus petit; la vue sur le Khangtega et le Thamserku est magnifique. L'itinéraire continue, toujours en balcon, jusqu'à un verrou rocheux où on traverse la Bhote Koshi sur un petit pont. La paroi surplombante située juste en aval du pont porte une grande fresque représentant la Tara verte, Padmasambhava et un guru ( ?).

Les lodges de Thame sont installés sur un replat que l'on atteint par une courte montée en rive gauche. Plus haut, le monastère de Thame justifie les 15 minutes nécessaires pour l'atteindre. De l'autre côté du verrou rocheux, le "vrai" village (Thame Teng) s'annonce par un beau stupa. On reste en rive droite d'une vallée très ouverte jusqu'à Marulung où l'on repasse rive gauche.

Lungden est le point le plus haut où on peut coucher dans un lodge avant de franchir le Renjo La. Trois lacs agrémentent l'itinéraire avant la dernière pente raide qui démarre environ 300m sous le col. De nombreuses marches construites assez récemment par le parc national permettent de s'élever confortablement dans cette pente qui de loin paraissait infranchissable. De l'autre côté du col, le terrain est moins vertical, cependant le sentier est mal marqué dans la moraine; la partie de l'itinéraire surplombant le lac de Gokyo est superbe, mais la vue reste plus limitée que celle offerte par le Gokyo Ri, la "colline" située au dessus du chemin. Ce petit sommet (5360m) constitue une excursion classique depuis Gokyo.
La Dudh Koshi de Phortse à Gokyo
Un autre sentier balcon quitte le haut de Namche vers l'est jusqu'à Kyangjuma où la vue sur le Thamserkhu est particulièrement belle. On monte alors en rive droite de la Dudh Koshi jusqu'à Phortse Tanga; de là l'itinéraire principal reste en rive droite avec de nombreux lodges jusqu'à Machermo.

Un itinéraire secondaire passe en rive gauche en passant par Phortse, Thore et Dragnag. Dragnag se situe sous le Cho La. De Dragnag, il faut traverser le glacier Ngozumbna (rocheux) au niveau du premier lac (Longponga). Une variante de l'itinéraire joint Thore à Machermo en aval du glacier.

Entre Machermo et le premier lac, l'itinéraire comporte un passage en falaise, sous le Chadoten, délicat en cas de neige (risque d'avalanche); quelques lodges sont installés à Gokyo au bord du troisième lac.

Le village de Phortse reçoit moins de visiteurs que d'autres, étant à l'écart des itinéraires principaux (on y passe surtout si l'on va de la Dudh Koshi à Pangboche, par un superbe sentier balcon); sans doute pour cette raison, il a davantage conservé une ambiance agricole. Le soir vous verrez les habitants rapatrier le bétail.
Du camp de base de l'Everest à Namche Bazar par Dingboche, Pangboche et Tengboche (Cho La Khola et Imja Khola)
Dingboche à l'entrée de l'Imja Khola, s'atteint facilement de Périche; la crête située au nord du village porte de nombreux chortens et drapeaux à prière et constitue un superbe point de vue sur l'Ama Dablam tout proche, mais aussi sur l'Island Peak et même sur le Makalu. Nangkartshang gompa, blottie au pied d'une falaise est malheureusement presque toujours fermée;. Le chemin descend rive droite jusqu'à Pangboche en passant par le village d'Orsho. Entre Orsho et Tengboche, la vallée offre une vue quasi permanente sur l'Everest dont le sommet dépasse (de peu) au dessus de la crête du Lhotse.

Pangboche à la réputation d'être le plus ancien village du Khumbu; un chemin court et très agréable joint les parties hautes et basses du village en longeant un immense mur de mani. Le petit monastère, accueillant, est évidement situé dans la partie haute. Moyennant quelques roupies un moine vous ouvrira la boite censée contenir le scalp d'un Yéti et vous offrira une kata; les peintures qui décorent le dukhang et un petit bâtiment annexe contenant un gros moulin à prière méritent toute votre attention.

Pour joindre Tengboche, il faut descendre au niveau de la rivière, puis remonter assez longuement rive gauche. Le monastère de Tengboche est longtemps resté isolé sur la crête, dans ce site assez extraordinaire; quelques lodges et boutiques ont poussé depuis, mais ces ressources restent limitées (réservez votre hébergement). Le monastère lui-même doit gérer un afflux touristique considérable; ce fait excuse peut-être le comportement des moines qui oscille entre distanciation et mercantilisme.

En pratique

Climat
La période de mousson (juin à août) est à proscrire. Octobre et novembre sont les meilleurs mois, mais l'afflux des trekkeurs est énorme et aux endroits où les lodges sont peu nombreux (Tengboche par exemple), la saturation est vite atteinte, sans compter que cheminer à la queue leu leu sur un sentier manque de charme, même avec de prestigieux sommets devant le nez. Le printemps est une saison qui peut être intéressante, surtout si vous voulez admirer la floraison des rododendrons.

Le mal aigu des montagnes
Le mal aigu des montagnes
Si vous effectuez la montée directe vers le camp de base et dans une moindre mesure si vous empruntez les variantes, il est impératif de prendre le temps de s'acclimater.

Les conseils donnés sur le document ci-contre (affiché dans un lodge à Pangboche) sont utiles; le principal étant de ne pas s'élever en moyenne de plus de 300 à 500m par jour; si vous en faites plus, passez deux nuits à l'étape suivante; faire des montées en altitude dans le cours de la journée et redescendre le soir est une excellente chose à condition de ne pas chercher la performance et de rester bien en dessous de ses possibilités. Ce n'est qu'au retour que vous pourrez doubler les étapes.
Y aller et s'y déplacer
L'altiport de Lukla (LUA) offre une piste asphaltée (depuis 2001) mais en forte pente (12%) et très courte (460m); de plus, elle se termine sur un mur creusé dans la roche! L'altiport de Syangboche dont l'accès est plus dégagé n'est pas asphalté et est pratiquement inutilisé (sauf peut-être par les clients de l'Everest View Lodge).

Namche Bazar est devenu un "petit Thamel" et offre toutes les ressources nécessaires (ou plutôt plus que le nécessaire): hôtels, restaurants, boutiques, cafés internet, banque...

Bien que quelques groupes continuent à se déplacer avec une équipe cuisine et à coucher sous tente, on trouve partout à s'héberger dans des lodges. Au centre de la pièce commune où se prennent les repas, trône un poêle à bouse de yack. Les chambres à deux lits ont remplacé les dortoirs (mais les parois entre les chambres sont très minces et ces pièces sont très froides dès l'automne); on trouve parfois des toilettes privatives, un luxe dans ces contrées désolées! Il n'existe par contre souvent qu'une seule douche chaude par lodge, payable en supplément. L'électricité est présente partout produite par de petites centrales hydroélectriques ou des panneaux solaires. Au dessus de Namche, il vous faudra cependant payer un supplément pour charger des batteries.

Eviter le pic d'afflence des mois d'octobre et novembre est une option à envisager sérieusement par tous ceux qui s'organisent par eux-mêmes (avec ou sans porteur local, mais sans le recours à une agence ou à un guide); elle simplifiera considérablement leur hébergement.

Il n'existe aucune route au Khumbu; par contre une multitude de caravanes (ensentiellement des Yaks) et d'encore plus nombreux porteurs en parcourent les sentiers. La plupart des porteurs sont employés d'un lodge pour lequel ils travaillent presque exclusivement. Pour les liaisons avec Kathmandu, consultez la page Népal.

Les itinéraires sont suffisamment fréquentés et les chemins suffisamments repérés pour qu'un guide soit inutile. Cependant, utiliser les services d'un guide et / ou d'un porteur fait travailler un népalais, allègera votre charge, facilitera vos hébergements et vous permettra de mieux apprécier la culture locale.

Vous paierez moins cher le billet d'entrée dans le parc nationnal de Sagarmatha si vous l'achetez à Kathmandu ().
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Références

Bibliographie

Un lien vers l'incontournable chanson népalaise Resham phiriri, la plus chantée par les sherpas.

Compléments bibliographiques: