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Ascension du Benbow
© Michel Racine

Ambrym  (Vanuatu)


Des paysages stupéfiants de commencement du monde.
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Bromo
© Michel Racine

Bromo (caldeira de Tengger) (Java, Indonésie)


Cotopaxi (Equateur)


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Fontaines et vasques d'acide, Dallol
© Michel Racine

Dallol  (Ethiopie)


Des sources géothermales à l'origine d'une palette de couleur inouie.
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Le panache du Dukono vu de Tobelo
© Michel Racine

Dukono  (Halmahera, Indonésie)


Un panache de cendres de plus d'un kilomère de hauteur est produit en permanence par ce volcan exceptionnel.
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Ascension de l'Erta Ale
© Michel Racine

Erta Ale  (Ethiopie)

Un des rares lacs de lave permanent au monde.
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Sommet de l'Etna
© Michel Racine

Etna (Sicile, Italie)

Le plus grand volcan d'Europe et l'un des plus actifs du monde.
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© Michel Racine

Gamalama (Ternate, Indonésie)

L'ile volcan de Ternate a beaucoup à offrir.
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© Michel Racine

Karangetang (Siau, Indonésie)

L'un des volcans les plus actifs et les plus dangereux d'Indonésie.
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© Michel Racine

Kawah Ijen  (Java, Indonésie)


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Les lacs Tiwu Nuwa Muri Koo Tai et Tiwu Ata Polo (août 2001)
© Michel Racine

Kelimutu (Flores, Indonésie)


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La caldeira du Lewotolo
© Michel Racine

Lewotolo  (Lembata, Indonésie)

De fabuleux levers de soleil sur la caldeira.
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Le cratère Tompaluan
© Michel Racine

Lokon (Sulawesi, Indonésie)


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Vue d'avion sur le Merapi
© Michel Racine

Merapi

Le grand volcan de Java.
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© Michel Racine

Rinjani  (Lombok, Indonésie)


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© Michel Racine

Semeru (Java, Indonésie)


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Le dôme du Soputan
© Michel Racine

Soputan  (Sulawesi, Indonésie)

Un majestueux dôme de lave.
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Stromboli
© Michel Racine

Stromboli (iles Eoliennes, Italie)


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Grand Cratere
© Michel Racine

Vulcano (cratère de la Fossa, Grand Cratere) (iles Eoliennes, Italie)


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Bouche éruptive, Yasur, ile de Tanna
© Michel Racine

Yasur  (Vanuatu)

Une activité permanente.

Photographier les volcans

Même si le photographe n'est pas toujours très créatif par lui-même, le sujet est tellement hors du commun et les moments vécus tellement forts que l'incitation à les photographier emporte les plus réticents. Mais il faut bien anticiper les difficultés posées par ce thème.
Photographier les paysages volcaniques
Cette photographie s'apparente à la photographie de paysages et les problèmes sont limités. Vous aurez probablement à vous déplacer à pied, à porter votre matériel sur des distances plus ou moins longues. De nombreux volcans sont des montagnes: il y fait plus froid, il pleut plus souvent et les vents y sont plus souvents violents qu'ailleurs. La poussière crée par les cendres volcaniques vous obligera à faire plus attention qu'à l'habitude. En contrepartie les paysages volcaniques constituent des scènes uniques que votre interprétation personnelle peut transcender.
Il est rarement nécessaire d'avoir un matériel extraordinaire. Vous ferez sans doute la plupart des prises avec des focales très courtes. Un très grand angle de bon piqué est évidemment un must, mais si l'angle de votre objectif est insuffisant, ne négligez pas la possibilité d'assembler des vues (à l'horizontale et à la verticale) pour obtenir quasimment le même résultat à l'aide d'un logiciel. Un pied peut-être utile de nuit, à l'aube ou au crépuscule, mais son utilisation est souvent facultative.

Prenez surtout le temps de vous approprier le site visité, ce qui sera souvent d'autant plus long que le site est plus original.
Photographier l'activité des volcans
On entre dans un domaine bien plus difficile qui poussera souvent votre matériel à ses limites et mettra votre résistance personnelle à rude épreuvre.

De jour, vous pouvez photographier les panaches de cendres, les explosions projettant les paquets ou blocs de lave, les coulées.
Figer la trajectoire des scories ou de bombes volcaniques nécessite des vitesses élevées (de l'ordre du 1/1000e de seconde); des vitesses plus basses restituent davantage le mouvement, mais l'effet est difficile à doser et vous aurez beaucoup de déchet. La luminosité (le "rouge") des paquets de lave est souvent masquée par une forte lumière et celle des coulées dépend de leur vitesse et de l'épaisseur de la "croûte" présente en surface. L'aube et le crépuscule sont des moments à privilégier absolument, en faisant attention à la variation continue de la luminosité ambiante (le plus simple est de faire confiance dans ce cas à l'exposition automatique par votre appareil: j'ai personnellement tendance à prioriser le choix du diaphragmme et à ajuster les ISO pour obtenir la vitesse souhaitée en contrôlant les résultats, mais les modes tout automatique donneront généralement des résultats acceptables).
Ces conditions photographiques restent accessibles à n'importe quel type d'appareil, cependant plus la luminosité est basse, plus un matériel "pro" devient nécessaire, et plus vous aurez à régler manuellement l'appareil et à utiliser un tripode.
Les limitations viendront d'abord des cendres ou de l'humidité; apportées par les panaches de dégazage ou par le vent, elles mettent le matériel à rude épreuve. Un petit compact à zoom rétractable est bien plus fragile d'un boitier tropicalisé à objectif amovible (sauf que vous avez tout intérêt à ne jamais changer d'objectif dans ces conditions). Un compact "tout-terrain" ou étanche peut-être intéressant en conditions extrêmes, mais révèlera vite ses limites dès que la luminosité baisse, les réglages manuels offerts étant souvent très limités. Une solution pour protéger un appareil est de le placer dans un sac de plastique transparent dont vous appliquerez l'ouverture sur le parasoleil de l'objectif par des scratchs. L'épaisseur du plastique doit être suffisante pour résister à la déchirure mais pas trop pour laisser la visibilité et l'accès aux commandes. Percez un petit trou dans le sac pour viser la platine qui permettra de le fixer sur le tripode à l'extérieur du sac.
Un zoom (plutôt orienté vers les courtes focales) est indispensable pour ne pas avoir à changer d'objectif. Ce n'est que si l'activité volcanique vous oblige à des prises de vues lointaines qu'un téléobjectif est vraiment utile et dans ce cas vous travaillerez probablement dans des conditions plus confortables qui permettront son échange. Une focale fixe à grande ouverture même non stabilisée peut alors être intéressante si vous n'êtes pas limité par le poids.
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Cratère du Benbow, ile d'Ambrym: le lac de lave illumine les nuages. ISO 3200; f/5.6; 1/13s
© Michel Racine

De nuit vous photographierez les projections (trajectoires paraboliques des bombes de lave lors des éruptions "stromboliennes"), l'incandescence des dômes de lave, le rougeoiement des cratères sous le ciel.
Aux limitations présentes le jour s'ajoutent le manque de visibilité; les commandes de l'appareil sont moins accessibles (une frontale est très utile, d'autant que vous aurez souvent besoin des réglages manuels), la luminosité d'un viseur optique est souvent insuffisante et vous aurez à passer (au moins pour cadrer) en visée écran (un écran orientable bien que plus fragile et plus difficile à protéger est un atout). Pour cela il vous faut un matériel plus diversifié et plus sophistiqué qu'en journée tout en sachant que vous devrez faire des compromis entre performance et poids.

Le tripode est indispensable dès que la vitesse descend en dessous du 1/25e de seconde (et avant si vous utilisez une longue focale).
L'idéal est de ne pas le monter trop haut pour éviter les vibrations, mais la morphologie des lèvres des cratères volcaniques ne permet pas souvent de voir les bouches éruptives ou les lacs de lave en position basse (déjà de jour, un smartphone placé au bout d'une cane à selfie permettra une photographie impossible à faire avec votre gros boitier tendu à bout de bras). A l'inverse, dans de rares cas plus favorables vous pourrez poser simplement votre boitier (surtout s'il est lourd) sur un sac et vous dispenser du tripode.
Il faut quasi impérativement utiliser un déclencheur à fil ou à distance pour éviter les vibrations (une difficulté avec nombre de compacts: utiliser le retardateur est évidemment un pis aller qui ne vous permet pas de choisir le moment de la prise de vue; de même la réactivité de l'appareil est très importante: n'enregistrer que la fin des trajectoires paraboliques des bombes de lave constitue un effet rarement plaisant).
Quand vous travaillez sur pied, désactivez la stabilisation du boitier ou de l'objectif si c'est possible (une limite de plus pour les appareils simples); cela ralentit la prise de vue et détériore l'image plus qu'elle ne l'améliore.
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Explosion, Yasur, ile de Tanna. ISO 100; ouverture: f/11.0; vitesse: 6s
© Michel Racine

La vitesse est l'élément déterminant du type de photographie produit.
La photographie nocturne la plus classique est celle des projections: on enregistre la trajectoire parabolique des bombes de lave. Il faut bien sûr commencer la pose avant la sortie des bombes (donc anticiper en observant le rythme des explosions) et la terminer après leur chute sur le sol, ce qui représente au moins quelques secondes. Les bombes n'étant pas toutes émises simultanément, plus vous prolongez la pose, plus vous enregistrez de trajectoires. En posant suffisamment, vous enregistrerez peut-être la lumière de quelques étoiles ou des parois du cratère éclairées par les projections ou par la lune. Vous ferez plus facilement des photographies incluant les éléments de l'environnement à l'approche de l'aube ou du crépuscule.
Lorsque les bouches éruptives ne sont pas visibles sur la photographie, l'allongement du temps de pose n'aura d'effet que sur l'environnement et non sur l'enregistrement des projections elles mêmes; c'est le couple ISO - diaphragmme qui sera déterminant pour ce dernier point. Vous avez tout intérêt à désactiver l'exposition automatique et à travailler en mode manuel (familiarisez vous à l'avance avec la pose B). Un diaphragme moyen (f8) est à conseiller; on sélectionne le résutat souhaité en ajustant les ISO par essai-erreur. Si vous manquez de lumière et avec un objectif de très bonne qualité, vous pouvez augmenter un peu l'ouverture de diaphragmme.
Si les bouches éruptives sont visibles il faut faire attention à ne pas saturer, "brûler" cette partie de la photographie.
La présence de nuages (condensation du dégazage de vapeur d'eau ou émission de cendres) diffuse la lumière et crée des conditions très difficiles pour la photographie nocturne; heureusement le taux d'humidité de l'air est souvent plus faible de nuit que de jour.
Figer les projections, comme déjà dit à propos des photographies diurnes, demande des temps de pose très courts; de nuit vous devrez donc pousser considérablement les ISO et / ou utiliser un objectif lumineux; le matériel photographique (grand capteur) est déterminant, encore qu'à l'aube ou au crépuscule les choses soient un peu plus faciles. Ce sujet s'accorde mieux avec les gros plans et avec la photographie diurne.
Les lacs de lave ou les coulées de lave seront souvent très (trop) lumineux par rapport à l'environnement; ici encore l'aube ou le crépuscule constituent des moments favorables.
Les photographies de dôme de lave sont plus rares (sans doute parce qu'il est moins fréquent d'approcher des dômes de lave actifs). La luminosité est bien plus faible, sauf en cas d'éruption qui rend l'approche problématique. Il faut souvent utiliser de longs temps de pose et / ou photographier de loin par sécurité.

Tous les appareils modernes possèdent une mise au point automatique, mais différentes technologies existent et certains boitiers (les reflex) en cumulent deux. La seule règle est de bien connaitre son appareil pour savoir dans quelles conditions il est possible de compter sur la mise au point automatique ou au contraire comment celle-ci risque de vous faire manquer des photographies.
Les compacts et les réflex en visée écran sont généralement peu performants: quand vous travaillez sur pied avec un reflex, faites le cadrage en visée écran puis revenez au mode de visée reflexe pour les prises de vues: vous n'avez de toute façon plus besoin de coller l'oeil au viseur, contemplez plutôt le paysage qui vous entoure (ce choix offre d'ailleurs plus de sécurité, car vous serez mieux à même de vous rendre compte des trajectoires des projections, s'il y a lieu, et d'agir en conséquence).
De jour les nuages de cendre constituent des éléments mouvants et peu contrastés qui risquent de mettre l'autofocus en défaut: faites la visée sur un autre élément du paysage situé à la même distance et mémorisez la mise au point ou désactivez l'autofocus une fois la mise au point faite.
De nuit, tout peut poser problème: si c'est le cas, placez l'appareil sur un tripode, désactivez l'autofocus et réglez la mise au point manuellement en anticipant sur la photographie (augmenter le grossissement en mode de visée écran facilite bien des choses). Il faut bien sûr refaire la mise au point si vous changez de focale et de cadrage.
Les commandes de mise au point manuelle sont souvent très peu pratiques sur les compacts, en contrepartie la profondeur de champ est importante, donc vous pouvez vous contenter d'une précision moindre. Sur les boitiers à optique interchangeable, ne vous fiez pas aux indications de distance gravées sur les bagues de l'objectif: les contraintes de fabrication des zooms et de l'autofocus rendent ces indications peu précises et purement indicatives (cette remarque ne s'applique pas aux anciennes focales fixes et à mise au point manuelle).

Une brève histoire de la volcanologie

Les volcans ont longtemps inspiré la méfiance et sont toujours considérés aujourd'hui avec respect par les populations qui vivent leur voisinage. On se les concilie par des actions prudentes, des offrandes.
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Les deux pics jumeaux du Mont Hasan surmontant des bâtiments, tiré de Schmitt A. K. et al. (2014) doi:10.1371/journal.pone.0084711.g001

Si on remonte le temps, quelques indices nous confirment que les volcans ne laissaient pas nos ancêtres indifférents. La plus ancienne représentation qui semble incontestable d'une éruption volcanique, découverte à Catalhöyük date de 8 600 ans. Elle représenterait une éruption du Mont Hasan situé 130km à l'est (Schmitt, 2014).

Une autre représentation moins explicite et beaucoup plus discutée serait présente dans la grotte Chauvet.

Le "feu volcanique" a été expliqué par la combustion de matières charboneuses (Moro cité par Gohau p165), puis plus tard, par des réactions analogues à celle d'un mélange de fer et de soufre (Buffon in Gohau, p213).

Au début des années 60, un volcanologue comme Haroun Tazieff distingue déjà des volcans peu explosifs alignés en lignes droites sur des "cassures", et des volcans "liés aux montagnes" formant des chaines arquées, dont la "ceinture de feu du Pacifique", et sièges d'explosions violentes (Tazieff, 1961).

L'adoption du modèle de la tectonique des plaques à la fin des années 60 représente une révolution dans la volcanologie. Une bonne partie des volcans (mais pas tous) se situent à la frontière des plaques tectoniques.

1. Pour faire simple on peut distinguer les volcans "rouges" situés dans les zones où les plaques s'écartent et les volcans "gris" (ou "noirs") proches des zones de subduction, là où une plaque plonge sous une autre. Les volcans qui échappent à ces deuxcatégories, parce que situés à l'intérieur des plaques, sont expliqués par la présence de "points chauds", panaches de matériaux remontant de la limite manteau - noyau (mais parfois d'origine plus superficielle, une question discutée). Ces volcans sont "rouges", mais la composition de leurs laves permet de les distinguer des volcans liés aux frontières divergentes (le manteau inférieur à l'origine du magma des volcans de point chaud a une composition différente du manteau supérieur qui produit le magma des volcans des frontières divergentes). Le fonctionnement d'un point chaud perdurant pendant des dizaines de milliers d'années sous une plaque qui se déplace produit un alignement volcanique caractéristique.

2. La réalité est plus complexe; des singularités existent au niveau de la formation des magmas, et même dans les cas standards, l'évolution ultérieure de ces magmas entraine la grande variété que l'on connait dans les éruptions volcaniques.

Les volcans liés aux frontières divergentes (qu'on appelle aussi dorsales océaniques) sont peu explosifs et peuvent produire d'énormes coulées de lave fluide; de plus, comme les frontières divergentes sont à l'origine des océans, la plupart de ces volcans sont sous-marins. Une frontière divergente peut apparaitre au milieu d'une lithosphère continentale, formant un rift, puis seulement un peu plus tard un océan.

Pour analyser le volcanisme de subduction, Miyashiro (1974) utilise deux critères: la vitesse de subduction de la plaque plongeante et l'épaisseur de la plaque chevauchante (lithospère océanique mince ou plus épaisse, lithosphère continentale comprenant une croûte épaisse). Les volcans apparaissant sur une lithosphère océanique mince forment un arc insulaire, ceux apparaissant sur une lithosphère continentale forment une cordillère; ici encore, les laves ont des compositions différentes. Les volcans de subduction produisent des laves visqueuses en volume (relativement) réduit formant des dômes. Il sont statistiquement plus explosifs que les volcans de dorsale ou de point chaud, mais les types d'éruption sont cependant extrêmement variées.

Références

Gabriel Gohau. 1990. Les sciences de la Terre aux 17 et 18e siècles. Albin Michel.
Schmitt A. K. et al.. 2014. Identifying the Volcanic Eruption Depicted in a Neolithic Painting at Çatalhöyük, Central Anatolia, Turkey. PLoS ONE 9(1): e84711. DOI: 10.1371/journal.pone.0084711.
Haround Tazieff. 1961. Les Volcans. Delpire: p 13.

Bibliographie

 The Weekly Volcanic Activity Report is a cooperative project between the Smithsonian's Global Volcanism Program and the US Geological Survey's Volcano (les volcans en activité cette semaine); le même site présente une base de donnée complète sur l'activité historique de chaque volcan.

 Les volcans du monde en direct: webcams.

Category:Volcanoes in art (Wikimedia).

Jacques-Marie Bardintzeff. 2011. Volcanologie. Dunod.

hshdude album's (Flickr).

Volcano Photography - Beginners Guide Une page du site PhotoVolcanica clairement écrite par un expert en la matière.